Nous sommes faits de mémoire. mais celle-ci est une fiction.
L'expositîon Self Storage explore la manière dont l'individu fabrique son identité à travers des souvenirs personnels, intimes, mais aussi à travers les dispositifs techniques et sociaux qui en façonnnent la trace.
La mémoire n’est pas un enreigstrement objectif: elle est un montage, une construction sélective, faite d’oubli autant que de persistance. Le souvenir naît dans un espace traversé par le désir, la perte et la reconstruction. Self storage met en lumière cette dimension subjective et instable de la mémoire: journaux intimes, archives familiales, technologies obsolètes ou réminiscences corporelles deviennent autant de matériaux pour interroger la matérialité du souvenir et sa capacité de réinvention. Disques durs, clouds, profils en ligne et réseaux sociaux remplacent peu à peu les carnets intimes et les albums photo. Cette externalisation massive questionne la frontière entre mémoire privée et exposition publique, entre trace vécue et donnée standardisée. Self Storage prolonge cette réflexion vers l’ère contemporaine où l’identité se stocke et s’exporte.
À travers les œuvres réunies, l’exposition propose une dérive poétique et critique entre mémoire réelle et inventée, intime et externalisée. Elle invite à interroger: qu’avons-nous besoin de retenir ? Que choisissons-nous d’oublier? Que devient le « soi » lorsqu’il est réduit à des archives, des contenus, des empreintes ?