Lors de sa première exposition personnelle au Brésil, Moffat Takadiwa présente chez Almeida & Dale un ensemble d’œuvres inédites qui explorent la culture de consommation, ses origines coloniales et ses conséquences environnementales. Il s’agit de pièces de grand format rappelant des mosaïques ou des tapisseries, mettant en valeur leur matérialité issue de déchets plastiques et électroniques.
Connu du public brésilien grâce à la 36e Bienal de São Paulo, où il a présenté une vaste installation immersive en 2025, Takadiwa a également représenté son pays natal, le Zimbabwe, à la 60e Venice Biennale. Ses œuvres sont créées à partir de la sélection, de l’organisation et de la composition de déchets plastiques provenant d’objets du quotidien — touches d’ordinateur, bouchons et pinceaux de vernis à ongles, brosses à dents, peignes et autres rebuts des sociétés occidentales — des matériaux qui mettent en lumière les modèles de consommation et de rejet dans un monde connecté par le capitalisme mondialisé.
À travers sa pratique, Takadiwa révèle un réseau complexe reliant l’esthétique des traditions Korekore au travail collectif en faveur de la transformation sociale et à une critique postcoloniale. En collaborant avec les travailleurs des décharges de recyclage de Harare, l’artiste met en évidence les continuités de l’exploitation coloniale et des relations économiques dans le Zimbabwe post-indépendance, tout en réinventant les déchets du monde occidental sous forme de compositions riches en couleurs, textures et topologies inspirées des traditions locales.
L’exposition propose un regard critique sur la réalité historique tout en invitant à l’imagination et à la construction d’une réalité guidée par la collectivité, la coopération et l’interdépendance.