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Personnaliser

Intitulée Not All Travellers Walk Roads – Of Humanity as Practice, cette édition sera dirigée par le conservateur en chef, le professeur Bonaventure Soh Bejeng Ndikung, accompagné de son équipe conceptuelle composée des co-conservateurs Alya Sebti, Anna Roberta Goetz et Thiago de Paula Souza, ainsi que de la co-conservatrice Keyna Eleison et de la conseillère en stratégie et communication Henriette Gallus. L'exposition s'inspire du poème énigmatique Da calma e do silêncio [Du calme et du silence] de la poétesse afro-brésilienne Conceição Evaristo.

La proposition centrale de cette Biennale est de repenser l'humanité comme un verbe, une pratique vivante, dans un monde qui exige de ré-imaginer les relations, les asymétries et l'écoute comme base de la coexistence, en s'appuyant sur trois fragments/axes curatoriaux. La métaphore de l'estuaire – un lieu où différents courants d'eau se rencontrent et créent un espace de coexistence – guide le projet curatorial, inspiré par les philosophies, les paysages et les mythologies brésiliennes. Ce concept reflète la multiplicité des rencontres qui ont marqué l'histoire du Brésil et propose que l'humanité se réunisse et se transforme grâce à une écoute attentive et une négociation entre différents êtres et mondes.

Le premier axe curatorial prône la revendication de l'espace et du temps, il cherche à ralentir et à prêter attention aux détails et aux autres êtres qui constituent notre environnement. Ce fragment s'inscrit dans le poème Da calma e do silêncio de Conceição Evaristo et évoque l'importance d'explorer les mondes submergés auxquels seuls le silence de la poésie et l'écoute poétique peuvent donner accès, en accueillant les différences et en suggérant une reconnexion avec l'environnement naturel et ses subtilités.

Dans le deuxième axe, la Biennale invite le public à se voir dans le reflet de l'autre. La proposition consiste à questionner ce que nous voyons lorsque nous nous regardons nous-mêmes et les autres, en confrontant les barrières et les frontières de nos sociétés. Ce fragment s'inscrit dans le poème du poète haïtien René Depestre Une Conscience En Fleur Pour Autrui et explore l'interconnexion des expériences, proposant une coexistence plus attentive aux besoins collectifs.

Enfin, le troisième axe se concentre sur les espaces de rencontre – tels que les estuaires, qui sont des lieux de multiples rencontres, non seulement entre l'eau douce et l'eau salée, mais aussi entre le soi-disant nouveau monde et les esclaves enlevés en Afrique. Ce fragment propose une réflexion sur la colonialité, ses structures de pouvoir et ses ramifications dans nos sociétés actuelles. Cette réflexion s'appuie sur le mouvement manguebit et son manifeste « Crabs with Brains », compris comme une représentation du cerveau social collectif. L'histoire du Brésil, marquée par la fusion des peuples autochtones, des Européens et des esclaves africains, est un microcosme des asymétries de pouvoir qui persistent encore aujourd'hui. Dans cette optique, l'exposition explore la manière dont les cultures et les sociétés gèrent ces différences et créent de nouvelles voies de coexistence et de beauté, comme le montrent Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant dans The intractable beauty of the world.

Commissaire en chef : Bonaventure Soh Bejeng Ndikung
Co-commissaires : Alya Sebti, Anna Roberta Goetz, Thiago de Paula Souza
Co-commissaire général : Keyna Eleison