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Stefan Rinck
Paddling Between Two Realities

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    • Stefan Rinck
    • Bergen , 2025
    • Pastel à l’huile sur papier
      • 100 ×
      • 70 ×
      •  cm
      /
      • 39 3/8 ×
      • 27 9/16 ×
      •  pouces
      •  non encadré
      • 111 ×
      • 81 ×
      • 4 ×
      •  cm
      /
      • 43 11/16 ×
      • 31 7/8 ×
      • 1 9/16 ×
      •  in
      •  framed

    Il existe un double paradoxe au centre de la pratique de Stefan Rinck, engendré par la forme même de ses œuvres. En s’inscrivant dans un abondant héritage symbolique, celles-ci semblent porter la promesse d’un mode d’existence et d’une finalité rituels. Or, la vitalité de l’œuvre de Stefan Rinck se loge précisément dans la tension produite par le détournement de cette attente, qui ouvre un espace de réflexion sur la persistance des représentations symboliques.

    Sa foule de personnages puise dans l’imaginaire des figures gardiennes et des divinités zoomorphes traditionnellement associées à des édifices sacrés à travers les cultures humaines. De la Mésopotamie à l’Égypte ancienne, de la Mésoamérique aux cathédrales gothiques occidentales, l’architecture des lieux de culte a presque toujours inclus — sur les façades, aux seuils, ou à l’intérieur des espaces cérémoniels — des sculptures aux fonctions précises : rôle de gardien (fonction apotropaïque, destinée à repousser le mal), incarnation de divinités, affirmation d’une puissance politique, narration d’une histoire collective, ou encore métaphore de vertus qu’il conviendrait de manifester.

    • Stefan Rinck
    • Bridge Over Troubled Water , 2025
    • Calcaire
      • 41 ×
      • 46 ×
      • 18 ×
      •  cm
      /
      • 16 1/8 ×
      • 18 1/8 ×
      • 7 1/16 ×
      •  pouces

    • Stefan Rinck
    • 7 hups bench , 2025
    • Marbre
      • 45 ×
      • 173 ×
      • 33 ×
      •  cm
      /
      • 17 11/16 ×
      • 68 1/8 ×
      • 13 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • The Passage of the Mammoth , 2025
    • Diabase
      • 40 ×
      • 50 ×
      • 19 ×
      •  cm
      /
      • 15 3/4 ×
      • 19 11/16 ×
      • 7 1/2 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Swamp , 2025
    • Calcaire
      • 41 ×
      • 46 ×
      • 17 ×
      •  cm
      /
      • 16 1/8 ×
      • 18 1/8 ×
      • 6 11/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Cotton Candy Yak , 2025
    • Marbre
      • 40 ×
      • 150 ×
      • 30 ×
      •  cm
      /
      • 15 3/4 ×
      • 59 1/16 ×
      • 11 13/16 ×
      •  pouces

    • Stefan Rinck
    • Daffy , 2025
    • Calcaire
      • 40 ×
      • 46 ×
      • 18 ×
      •  cm
      /
      • 15 3/4 ×
      • 18 1/8 ×
      • 7 1/16 ×
      •  pouces

    Stefan Rinck évolue dans ce vaste répertoire avec une liberté érudite. Totems, statues monumentales, éléments de mobilier ritualisés, petits êtres-gardiens, ou encore caricatures de la moralité, son œuvre répond à la majorité des typologies sculpturales. Stefan Rinck  opère, en un sens, « à la Warburg », en composant ce qui pourrait être perçu comme une planche supplémentaire de L’Atlas Mnémosyne consacrée au vocabulaire sculptural de la dévotion. Il mélange ainsi constamment les époques et les styles, jusqu’aux éléments les plus contemporains qui font référence à des formes issues d’une dévotion sans culte, où écrans, mascottes Labubu, figurines dinosaures et personnages de jeux vidéo occupent désormais la place d’icônes quotidiennes. Au premier abord, ces œuvres, en faisant référence à un vaste héritage sacré, créent donc la promesse implicite qu’elles peuvent non seulement représenter, mais surtout incarner, un rapport au sacré.

    • Stefan Rinck
    • King Konga , 2025
    • Marbre
      • 65 ×
      • 53 ×
      • 40 ×
      •  cm
      /
      • 25 9/16 ×
      • 20 7/8 ×
      • 15 3/4 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Grand Frisée , 2025
    • Pierre de tuf
      • 66 ×
      • 90 ×
      • 30 ×
      •  cm
      /
      • 26 ×
      • 35 7/16 ×
      • 11 13/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Argonautin , 2025
    • Grès
      • 62 ×
      • 72 ×
      • 23 ×
      •  cm
      /
      • 24 7/16 ×
      • 28 3/8 ×
      • 9 1/16 ×
      •  pouces

    • Stefan Rinck
    • Fat Bubu , 2025
    • Grès
      • 80 ×
      • 60 ×
      • 60 ×
      •  cm
      /
      • 31 1/2 ×
      • 23 5/8 ×
      • 23 5/8 ×
      •  pouces


    • Stefan Rinck
    • Prehistoric Slalom , 2025
    • Onyx
      • 56 ×
      • 155 ×
      • 21 ×
      •  cm
      /
      • 22 1/16 ×
      • 61 ×
      • 8 1/4 ×
      •  pouces

    C’est ici qu’apparaît le premier paradoxe. Les sculptures auxquelles Rinck se réfère sont, dans leurs contextes d’origine, indissociablement liées à un espace de culte ; elles n’existent que parce qu’un lieu précis — un bâtiment dans la majorité des cas — leur confère une fonction. Leur sens est donc spatialement assigné. Or les sculptures de Rinck, elles, sont dé-spatialisées : elles ne possèdent pas, a priori, de contexte architectural prescrit. Contrairement aux objets dont elles s’inspirent, elles sont même vouées à traverser plusieurs espaces au cours de leur existence : atelier, galerie, musée, jardin ou maison de collectionneur. Pourtant, elles semblent porter en elles la mémoire d’un seuil, d’une façade ou d’une niche sans jamais pouvoir les habiter. Cette tension entre la référence à des formes profondément situées et leur déracinement volontaire constitue l’un des ressorts essentiels de l’œuvre de Stefan Rinck, particulièrement lisible dans cette exposition chez Semiose où le motif de la barque et de la traversée évoque le passage. 

    • Stefan Rinck
    • Sphinx , 2025
    • Grès
      • 40 ×
      • 25 ×
      • 42 ×
      •  cm
      /
      • 15 3/4 ×
      • 9 13/16 ×
      • 16 9/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Lack of Empathy for Human Beings , 2025
    • Calcaire
      • 77 ×
      • 60 ×
      • 58 ×
      •  cm
      /
      • 30 5/16 ×
      • 23 5/8 ×
      • 22 13/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Beaver Blu , 2025
    • Macauba
      • 70 ×
      • 40 ×
      • 40 ×
      •  cm
      /
      • 27 9/16 ×
      • 15 3/4 ×
      • 15 3/4 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Dioptrino , 2024
    • Marbre
      • 49 ×
      • 28 ×
      • 28 ×
      •  cm
      /
      • 19 5/16 ×
      • 11 ×
      • 11 ×
      •  pouces

    • Stefan Rinck
    • First Human Paddler , 2025
    • Marbre
      • 44 ×
      • 77 ×
      • 17 ×
      •  cm
      /
      • 17 5/16 ×
      • 30 5/16 ×
      • 6 11/16 ×
      •  pouces

    Le second paradoxe touche à la question de l’aura. Les sculptures de Stefan Rinck semblent en effet dotées d’une présence singulière. Leur apparence souvent zoomorphique n’y est sans doute pas étrangère, tant elle suggère une vie intérieure qui excède leur simple matérialité. Ce dépassement est aussi dû à la technique de la taille directe de pierre qui inscrit ces sculptures dans une continuité symbolique et une épaisseur historique, en convoquant les imaginaires décrits plus haut. Ensemble, ces deux éléments contribuent à charger les œuvres d’une aura, entendue au sens de Walter Benjamin comme un rapport au « lointain », souvent chargé d’un sous-texte sacré. Pourtant, si les personnages de Stefan Rinck semblent habités, ils paraissent également conscients de leur absence de réelle fonction rituelle. À cet égard, ils semblent armés d’une certaine auto-réflexivité : ils s’ennuient, cherchent à se distraire ou imitent les gestes d’un rituel absent.

    • Stefan Rinck
    • Castle Maiden , 2025
    • Grès
      • 77 ×
      • 75 ×
      • 45 ×
      •  cm
      /
      • 30 5/16 ×
      • 29 1/2 ×
      • 17 11/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Nurse , 2025
    • Marbre
      • 70 ×
      • 90 ×
      • 26 ×
      •  cm
      /
      • 27 9/16 ×
      • 35 7/16 ×
      • 10 1/4 ×
      •  pouces

    • Stefan Rinck
    • Croc Eclair , 2025
    • Marbre
      • 45 ×
      • 53 ×
      • 17 ×
      •  cm
      /
      • 17 11/16 ×
      • 20 7/8 ×
      • 6 11/16 ×
      •  pouces
    • Stefan Rinck
    • Krampus , 2025
    • Pastel à l’huile sur papier
      • 100 ×
      • 70 ×
      •  cm
      /
      • 39 3/8 ×
      • 27 9/16 ×
      •  pouces
      •  non encadré
      • 111 ×
      • 81 ×
      • 4 ×
      •  cm
      /
      • 43 11/16 ×
      • 31 7/8 ×
      • 1 9/16 ×
      •  in
      •  framed

    Les figures de pierre de Stefan Rinck composent une population bigarrée et comique, d’animaux pour la plupart, chimères ou monstres. Costumés, masqués, dotés d’attributs, nommés d’après des héros de la mythologie grecque, ils composent une assemblée de non-humains discordante mais parente : ils viennent d’un autre monde, d’un imaginaire archaïque, tissé de mythes et de légendes. À travers cette faune, l’artiste explore une pratique typique du Moyen-Âge : la sculpture par taille directe de figures de pierre.

    Son travail rappelle les personnages de l’art roman qui animent les chapiteaux et les tympans d’églises. Ce sont des figures grotesques, dans lesquelles on reconnaît le comique vitaliste, typique du réalisme médiéval, qui s’exprimait dans les processions bouffonnes, lors de fêtes religieuses et populaires. Si le Moyen-Âge colore l’art de Stefan Rinck, ses références se cristallisent autour de quelques obsessions « gothiques », à la manière romantique : un goût pour la mythologie et les contes populaires, d’époques et de cultures différentes, pour le fantastique ou les figures de l’hybris ou de la démesure.

    Stefan Rinck a bénéficié de nombreuses expositions personnelles, récemment à la Pinakothek der Moderne de Munich et au Domaine de Chamarande (2025), et a participé à plusieurs expositions collectives, au Musée d’Art Moderne de Paris ou au MAC Marseille (2024). Il a également exposé lors de foires et biennales internationales, dont Art Basel Paris, la Biennale de sculptures Artzuid d’Amsterdam (2025) et la FIAC Hors les murs aux Tuileries (2019). Une sculpture est installée de manière permanente à Paris depuis 2018 (Beaupassage). En 2019, il est sélectionné dans 100 Sculptors of Tomorrow paru chez Thames & Hudson.