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- Moffat Takadiwa
- The Consumer Portrait , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, tête de brosse à dents en plastique, peigne et bouchon de vernis à ongles
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- 150 ×
- 138 × cm
- 59 1/16 ×
- 54 5/16 × pouces
The Crown! poursuit le projet en cours de Takadiwa, réutilisant les restes d’objets du quotidien et les transformant en ce que l’on pourrait qualifier de textiles post-industriels. Ce ne sont pas des objets de confort. Ils portent en eux les tensions du post-colonialisme en Afrique : la politique des cheveux noirs, la soif des petites vanités, la chorégraphie de la consommation ostentatoire. Les peignes afro, qui apparaissent tout au long de l’exposition, servent d’archives à l’histoire sociale, politique et spirituelle, enracinée dans les traditions africaines et l’auto-modélisation coloniale qu’elles ont imposée. Autrefois outils pour la toilette et le rituel, ces peignes portent désormais le poids de la résistance et de la fierté dans la vie politique noire.
- Moffat Takadiwa
- Combed Hair , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, bouton, tête de brosse à dents en plastique, peigne et pièce de vernis à ongles
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- 280 ×
- 155 × cm
- 110 1/4 ×
- 61 × pouces
Tout au long de l’exposition, des couronnes, constituées de touches de clavier, de bouchons et de peignes, symbolisent l’autorité et le pouvoir, mais demeurent ancrées dans l’expérience noire. Entre les mains de Takadiwa, les cheveux deviennent un moyen de se définir et de se rebeller, se mêlant à la politique genrée des soins corporels noirs et à l’histoire coloniale qui continue d’infléchir la conception de la beauté au Zimbabwe. Le regard unique et autoritaire du portrait occidental est ostensiblement absent. À sa place, des formes circulaires et des masques suggèrent une unité et une identité commune. Les objets deviennent des gardiens, leurs visages des esprits, en accord avec la cosmologie africaine et l’influence des ancêtres.
- Moffat Takadiwa
- Muchapihwa Korona , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, tête de brosse à dent en plastique et œillet de bouton en métal
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- 142 ×
- 170 × cm
- 55 7/8 ×
- 66 15/16 × pouces
- Moffat Takadiwa
- Daily Reflections , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, tête de brosse à dents en plastique et pièce de vernis à ongles
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- 180 ×
- 116 × cm
- 70 7/8 ×
- 45 11/16 × pouces
- Moffat Takadiwa
- The Crown (2) , 2026
- Touches de clavier d'ordinateur, têtes de brosse à dents en plastique et pièces de vernis à ongles
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- 183 ×
- 141 × cm
- 72 1/16 ×
- 55 1/2 × pouces
L’œuvre de Takadiwa évolue simultanément à plusieurs niveaux. Les formes circulaires et les masques évoquent la plénitude et le sens du collectif, agissant comme des gardiens qui font écho à la cosmologie africaine et au pouvoir ancestral. Cheveux et touches de clavier – les premiers, organiques et chargés de sens, les seconds, industriels et anonymes – sont juxtaposés, soulignant la manière dont l’identité s’entremêle avec la production mondiale. Ces matériaux, récupérés au milieu des déchets de Harare, finissent dans des galeries, vendus à des acheteurs occidentaux. Ce n’est pas un échec de l’œuvre, mais peut-être son aspect le plus authentique.
- Moffat Takadiwa
- Just Delete , 2024
- Touches de clavier d’ordinateur et de calculatrice en plastique, boucles de ceinture, têtes de brosses à dents, étiquettes de vêtements en tissus
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- 240 ×
- 540 ×
- 10 × cm
- 94 1/2 ×
- 212 5/8 ×
- 3 15/16 × pouces
- Moffat Takadiwa
- Pink Nails , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, tête de brosse à dents en plastique, peigne et pièce de vernis à ongles
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- 235 ×
- 152 × cm
- 92 1/2 ×
- 59 13/16 × pouces
- Moffat Takadiwa
- African Mask , 2026
- Touche de clavier d'ordinateur, tête de brosse à dents en plastique, peigne et bouchon de vernis à ongles
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- 125 ×
- 165 × cm
- 49 3/16 ×
- 64 15/16 × pouces
Les œuvres de Moffat Takadiwa montrent qu’il est possible de reconstruire de fond en comble des structures vétustes, en utilisant les débris laissés par l’extractivisme. La brasserie, imposant autrefois l’ordre colonial, abrite désormais une communauté d’artistes occupés aux tâches de réparation. Ceci n’est pas une métaphore. C’est la réalité qui modèle les figures couronnées de Takadiwa, non pas comme les rêves d’un passé précolonial perdu, mais comme des composites, assemblés à partir des vestiges d’un projet de mondialisation autrefois prometteur, et qui insistent sur leur propre façon d’être. La question reste ouverte de savoir si le monde de l’art occidentalisé peut répondre à cette insistance ou s’il ne peut que l’admirer à bonne distance.
Moffat Takadiwa crée des sculptures de grande envergure à partir de matériaux trouvés dans les décharges, majoritairement des déchets informatiques, des bouchons plastiques, des brosses à dents et des tubes de dentifrice. Après collecte et tri de ces objets réunis par formes et couleurs, toujours en très grande quantité, l’artiste tisse ensemble ces rebuts en de riches tentures. Suspendues aux murs, ces étoffes post-industrielles aux formes organiques atteignent par leur préciosité une aura d’objets totémiques ou ritualisés.
Né en 1983, Moffat Takadiwa vit et travaille dans le quartier de Mbare à Harare, l'un des plus grands centres de recyclage et d’économie informelle du pays. Appartenant à la génération née après l’indépendance, il traduit dans son œuvre ses préoccupations liées aux questions de consommation, d’inégalité, de post-colonialisme et d’environnement. Dès ses débuts, il fait de sa pratique artistique un levier pour la réhabilitation de sa communauté, en travaillant avec de jeunes artistes et créateurs locaux, dans la perspective de fonder le premier quartier artistique au monde employant des matériaux reconvertis.
Une exposition monographique lui est consacrée à la National Gallery of Zimbabwe, Harare, en 2023. En 2024, il présente sa première exposition dans une institution française à la Galerie Édouard Manet, Gennevilliers, et représente le Zimbabwe à la 60e Biennale de Venise. Il présente une installation monumentale à la Biennale de Sao Paulo en 2025. Il a également exposé de nombreuses fois à l’étranger, notamment au Craft Contemporary (USA), au Moore Building à l’occasion de l’exposition organisée par Jeffrey Deitch et Gagosian à Miami (USA), au ARoS Kunstmuseumat, Aarhus (DK), au MACAAL, Marrakech (MA) et au Museum Arnhem (NL).