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Personnaliser

Laurent Proux
The Nature Poem

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    Souvent, on ne sait plus trop avec les corps peints par Laurent Proux à qui appartient tel ou tel membre ; une réjouissante confusion règne, voire une sorte de mise en commun organique. Les corps devenus disponibles s’agglomèrent, s’hybrident. Se branchant les uns aux autres, joignant leurs émotions par une caresse, une étreinte, ils échappent aux projections désirantes conventionnelles. Quelque chose du legs maniériste circule dans ces tableaux, notamment dans ces mêlées de corps particulièrement extravagantes rappelant, par exemple, celles de Bronzino dans son Allégorie avec Vénus et Cupidon (ca. 1545, National Gallery, Londres). 

    • Laurent Proux
    • Sunset Tears , 2025
    • Huile sur toile
      • 62 ×
      • 65 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 24 7/16 ×
      • 25 9/16 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces
    • Laurent Proux
    • At the end of the garden , 2025
    • Huile sur toile
      • 130 ×
      • 125 ×
      •  cm
      /
      • 51 3/16 ×
      • 49 3/16 ×
      •  pouces

    « Je crois que l’homme rêve uniquement pour ne pas cesser de voir » a écrit Goethe dans Les Affinités électives (1809). On voudrait accéder aux rêves des figures peintes par Laurent Proux pour voir par leurs yeux mêmes. Pourquoi savons-nous qu’elles rêvent ? Elles sont absentes au monde naturel qui les environne. Si on y est attentif, ce qui les entoure ne saurait être identifié avec ce qu’on appelle habituellement, en Occident, la nature, laquelle s’opposerait à la culture représentée par ces créatures adoptant des postures si peu ergonomiques.
    Prêtant une profonde attention à la pensée des Romantiques allemands, le philosophe Jean-Luc Nancy a décrit le rêve dans le recueil Tombe de sommeil (2007) comme ce comble de l’absorption du sujet dans autre chose que lui-même : le corps enfin libéré s’abandonne et plutôt que de s’opposer au monde, il devient le monde. C’est à ce devenir peut-être qu’on assiste, médusé, devant ces toiles de Laurent Proux où les figures ne surgissent pas au milieu des herbes ou au pied d’un arbre : elles se combinent, s’appartiennent réciproquement, redoublent d’artifice par contagion, s’épanchent en quelque sorte l’une dans l’autre.

    • Laurent Proux
    • Duel , 2025
    • Huile sur toile
      • 220 ×
      • 182 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 86 5/8 ×
      • 71 5/8 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces

    • Laurent Proux
    • Kaleidoscope , 2025
    • Huile sur toile
      • 184 ×
      • 140 ×
      •  cm
      /
      • 72 7/16 ×
      • 55 1/8 ×
      •  pouces

    Les personnages présents rêvent un monde beaucoup moins innocent que les nus en pleine lumière de l’arbre penché ou ceux qu’on a pu voir lors de la rétrospective L’Arbre et la Machine au Musée de l’Abbaye à Saint-Claude (8 février-28 septembre 2025). On ne peut plus croire à leur totale nonchalance. Le temps n’est plus suspendu. La géométrie s’est complexifiée orchestrant une grande bataille à la façon d’Uccello où de toutes parts s’entrechoquent et craquent les branches du sous-bois. Quant aux corps, ils occupent l’espace encore vacant. Quelque chose vient de se produire : la glissade, le groupe enlacé. L’imminence devient peinture. Et Laurent Proux nous place, nous regardeurs, devant ce fragment de monde indécidable, fascinant de détails dans la multiplicité de ses anfractuosités, en nous ménageant non loin des amants, un passage illuminé. À nous de voir l’échappée.

    • Laurent Proux
    • The Nature Poem , 2025
    • Huile sur toile
      • 220 ×
      • 182 ×
      •  cm
      /
      • 86 5/8 ×
      • 71 5/8 ×
      •  pouces
      •  chaque
      • 220 ×
      • 546 ×
      •  cm
      /
      • 86 5/8 ×
      • 214 15/16 ×
      •  pouces

    • Laurent Proux
    • To the night , 2025
    • Huile sur toile
      • 200 ×
      • 180 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 78 3/4 ×
      • 70 7/8 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces

    • Laurent Proux
    • Laughing at the Storm , 2025
    • Huile sur toile
      • 62 ×
      • 65 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 24 7/16 ×
      • 25 9/16 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces
    • Laurent Proux
    • Noon Day Rest , 2025
    • Huile sur toile
      • 182 ×
      • 220 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 71 5/8 ×
      • 86 5/8 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces

    • Laurent Proux
    • Stormy Delight , 2025
    • Huile sur toile
      • 130 ×
      • 125 ×
      • 3.5 ×
      •  cm
      /
      • 51 3/16 ×
      • 49 3/16 ×
      • 1 3/8 ×
      •  pouces

    Né en 1980 à Versailles (FR), Laurent Proux vit et travaille à Paris. En peinture ou en dessin, Laurent Proux produit une imagerie puissante et inédite, qui cherche à résoudre par des choix formels les questions soulevées par ses sujets. Qualifié par certains de réaliste en raison des objets représentés – machines industrielles, lieux de travail, corps sexualisés, etc. –, son style s’émancipe par l’exploration continuelle de solutions picturales, intégrant aberrations, télescopage de plans et couleurs artificielles, définitivement affranchies de l’opposition entre figuration et abstraction. Le corps humain est traité par fragments, exagérations et silhouettes, pour mieux le rapprocher d’un corps-machine, politisé et violenté, souvent dérangeant, parfois sentimental. Construisant l’espace de son tableau comme une scène à la lisibilité altérée, l’artiste adresse à l’attention du spectateur une énigme visuelle et intellectuelle à arpenter du regard.

    En 2025, la première exposition personnelle de Laurent Proux au sein d’une institution a lieu au Musée de l’Abbaye à Saint-Claude. Ses œuvres sont conservées parmi les collections du Centre National des Arts Plastiques (CNAP), des Fonds régionaux d’art contemporains (FRAC) Occitanie, Limousin et Nouvelle-Aquitaine et du Fonds Municipal de la Ville de Paris (FMAC). Son travail a fait l’objet d’expositions au Mana Contemporary Chicago (US), au Shanghai Art Museum (CN), au Center for Contemporary Arts de Moscou (RU), au Musée d’art contemporain de Lyon (FR), au FRAC Limousin à Limoges (FR), au Lieu Commun à Toulouse (FR) et au Musée d'Art moderne et contemporain de l'Abbaye Sainte-Croix aux Sables-d'Olonne (FR). Laurent Proux a été pensionnaire de la Casa de Velázquez à Madrid (ES).