Moffat Takadiwa crée des sculptures de grande envergure à partir de matériaux trouvés dans les décharges, telles que des touches de clavier, des bouchons en plastique, des brosses à dents et des tubes de dentifrice. Après collecte et tri de ces petits objets réunis par forme, taille et couleur, l’artiste tisse ces rebuts pour créer de grandes tapisseries. Accrochées aux murs, ces pièces aux formes organiques, d’une grande complexité de motifs et de formes, dégagent une aura d’objet totémique.

Après sa grande exposition personnelle, Vestiges of Colonialism, à la National Gallery of Zimbabwe, Harare, au printemps 2023, qui l’a consacré comme un des artistes majeurs de la scène zimbabwéenne, la galerie Édouard Manet, à Gennevilliers, invite l’artiste à concevoir sa première exposition personnelle dans une institution en Europe. Moffat Takadiwa a produit les œuvres de son exposition entièrement dans son atelier de Harare, où une communauté d’artisans travaille sous sa direction, en dialogue avec l’histoire industrielle, portuaire et ouvrière de la ville de Gennevilliers. Cette exposition, pensée spécialement pour ce lieu chargé d’histoire, une ancienne mairie visitée par l’artiste Gustave Caillebotte, qui fut élu local à Gennevilliers, et qui fut transformée en école et centre d’art dans la foulée de mai 68, coïncide avec la participation de Moffat Takadiwa à la 60e Biennale de Venise au sein du pavillon national du Zimbabwe.