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Personnaliser

Justin Williams
Castles Out of Grass

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    Au début, j’avais du mal à m’expliquer ce sentiment, mais en rentrant chez moi à pied depuis l’atelier de Justin Williams, j’ai réalisé que j’avais, une fois de plus, l’impression d’être entré dans une sorte de zone tampon ou interzone, même si cette fois-ci, j’étais parfaitement éveillé. En voyant ses peintures, j’ai immédiatement eu le sentiment d’être entouré de scènes, de formes et de silhouettes qui me semblaient à la fois étrangement familières et pourtant inconnues. J’avais l’impression de connaître ces personnages trop bien, et en même temps, pas du tout. C’est exactement ça, me suis-je dit en arrivant chez moi : c’était comme si j’avais déjà croisé tous ces personnages auparavant, dans un rêve lointain.

    • Justin Williams
    • The man from sassafras creek road , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 51 ×
      • 42 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 20 1/16 ×
      • 16 9/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    • Justin Williams
    • I hope we will all sit under the moon and stars together , when both our thoughts and stories end at once , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 189.5 ×
      • 171 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 74 5/8 ×
      • 67 5/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces


    • Justin Williams
    • An act that might have once felt strange and awkward, now was already a memory , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 180 ×
      • 120 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 70 7/8 ×
      • 47 1/4 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    • Justin Williams
    • We stayed awake to keep watch over the deceased , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 190 ×
      • 170 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 74 13/16 ×
      • 66 15/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    Il y a peu, j’ai appris que Justin L. Williams avait intitulé l’une de ses peintures récentes To Sleep Walk One’s Self into Another Man’s Voice (Marcher en dormant dans la voix d’un autre homme, 2025). Cela m’a semblé tout à fait logique, car face à son œuvre, j’avais l’impression d’avoir voyagé à la lisière entre différents domaines de l’existence. Pour moi, du moins, cette instabilité est toujours en jeu dans la peinture de Justin L. Williams. À la limite de l’abstrait, ces peintures parviennent, comme peu d’autres, à représenter des mondes intermédiaires, provoquant une (nouvelle) rencontre avec des personnages familiers et pourtant inconnus, et évoquant ainsi l’idée freudienne de « l’inquiétante étrangeté » – c’est-à-dire la sensation particulière que procure quelque chose de reconnaissable, et pourtant bizarrement étranger. Ou, pour le dire autrement : des motifs archétypaux si frappants qu’ils vous obligent à vous demander si ces personnages, paysages et décors sont tout à fait réels ou entièrement imaginaires – à moins qu’ils n’existent dans un monde intermédiaire.


    • Justin Williams
    • He had to say goodbye to more than his own skin , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 121 ×
      • 92 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 47 5/8 ×
      • 36 1/4 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces


    • Justin Williams
    • He observed one’s self thru a vailed mirror , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 190 ×
      • 171 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 74 13/16 ×
      • 67 5/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    • Justin Williams
    • Edgar came home with a new red jacket , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 51 ×
      • 42 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 20 1/16 ×
      • 16 9/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    Ces tropes de l’entre-deux sont également au cœur de l’œuvre Deceased Estate, dans laquelle Justin L. Williams entreprend d’étudier les espaces, lieux et personnes dans un état, ou une période, de transition. Le fait que voyager à travers différents temps et différents mondes aille de pair est certainement quelque chose que nous vivons tous douloureusement aujourd’hui, à un moment où notre monde nous semble à la fois familier et pourtant si étranger. La question est la suivante : nos ancêtres ont-ils déjà connu une période de l’histoire qui ait semblé aussi liminale ? La boutade d’Antonio Gramsci selon laquelle « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres » n’a-t-elle jamais semblé aussi pertinente ? Et, par conséquent, le monde entier n’est-il pas devenu quelque peu étrange aujourd’hui ? Je le crois. Et s’il y a une part de vérité dans cette hypothèse, alors nous ne pouvons sous-estimer l’importance d’un peintre qui tente de saisir l’état de mort dans lequel cela nous plonge tous. Et pourquoi ? Parce que vingt ans après la fin de mon propre somnambulisme, nous semblons tous en être atteint aujourd’hui.

    — Nikolaj Schultz


    • Justin Williams
    • Perhaps David wasn’t the one who was lost , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 189 ×
      • 169.5 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 74 7/16 ×
      • 66 3/4 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    • Justin Williams
    • Once it was all over she left , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 61 ×
      • 51 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 24 ×
      • 20 1/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces
    • Justin Williams
    • You are now adalyn , 2026
    • Huile, acrylique et pigments sur toile
      • 120 ×
      • 91 ×
      • 4.5 ×
      •  cm
      /
      • 47 1/4 ×
      • 35 13/16 ×
      • 1 3/4 ×
      •  pouces

    Entrer dans la peinture de Justin Williams, c’est franchir avec nostalgie le seuil d’un monde ancestral, suspendu entre mythe et mémoire. Sa matière mate, poncée jusqu’au grain, évoque un mur ancien ; sa palette de bruns, d’ocres et de verts s’éclaire de bleus et de jaunes. Sous une apparente naïveté, ses compositions révèlent une grande sophistication, mêlant art brut et symbolisme, ponctué d’accents décoratifs. Héritier d’une histoire migratoire, de l’Égypte à l’Australie, Justin Williams peint le déracinement et la famille, les mystères des forêts et des montagnes. Depuis son atelier de la Sunshine Coast, près de Brisbane, il célèbre la beauté rustique du monde, moins inspiré par la virtuosité du trait que par la fragilité du vivant et la chaleur des liens humains.

    Né en 1984 en Australie, l’œuvre de Justin Williams a fait l’objet de nombreuses expositions personnelles, notamment dans les galeries COMA (Sydney), Forma et l’Inlassable (Paris), Roberts Projects (Los Angeles), Vigo Gallery (Londres), Silas von Morisse Gallery (New York). Il a participé en 2024 à l’exposition collective New South: Recent Painting from Southern Australia au centre d’art Hazlehurst à Sydney. Ses œuvres figurent dans d’importantes collections, sur tous les continents, soit publiques, tel celle du Museum of Contemporary Art de Sydney, soit privées, en particulier dans la Beth Rudin DeWoody Collection (The Bunker, États-Unis), la Arndt Collection (Australie), la Buxton International Collection (Australie), la collection Xiao Museum of Contemporary Art (Chine) et la collection d’agnès b. (Paris). Son œuvre est très relayé par la presse et a fait l’objet de nombreuses parutions dans Juxtapoz, It’s Nice That, Art Now LA, Esquire, etc.